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Vu/lu/entendu et aimé (ou pas)

Dimanche 11 janvier 2009 7 11 /01 /Jan /2009 15:47

Je ne crois pas être du métal dont on forge les critiques, littéraires ou autres. Je suis d'un naturel trop bienveillant pour pouvoir, en tout objectivité, relever à la fois le négatif et le positif d'une oeuvre dans un but constructif ou informatif. Ce qui ne m'empêche pas, comme une majorité d'êtres humain je crois, d'avoir un grand désir de partager avec le plus grand nombre possible mes découvertes, quand elles me laissent aussi impressionnée que je le suis après avoir vu ce magnifique film de Ari Folman.




J'avais trois raisons de vouloir voir ce film: il me donnait l'occasion d'entendre parler hébreu, j'en avais entendu d'excellentes critiques, et ma soeur Mariline (qui en avait eu l'idée) voulait le voir avec moi. Cependant, il se peut que j'aie eu quelque réticence à y aller, si j'avais réalisé qu'il s'agissait d'un film d'animation. J'aime ceux "pour enfants", surtout depuis qu'ils sont faits avec autant d'intelligence que Ice Age, The Incredibles ou Wall-e, mais je ne sais pas pourquoi ceux pour adultes me repoussent généralement. Comme je suis heureuse, en tout cas, de ne pas avoir eu l'occasion de me désister pour une aussi misérable raison!

 

Valse avec Bachir est en fait un documentaire d'animation. Le réalisateur, Ari Folman, se met à nu (littéralement en fait, mais par dessin interposé) en nous dévoilant sa quête pour retrouver sa mémoire perdue, concernant sa participation à la guerre du Liban au début des années 80 et, en particulier, au massacre de Sabra et Shatila, deux camps de réfugiés palestiniens. Pour réussir sa quête, il rencontre d'anciens soldats comme lui,, pour sonder leurs souvenirs, et des spécialistes pouvant l'éclairer sur son amnésie. En ressort une illustration déchirante du conflit qui continue toujours de faire rage et défigure l'actualité de façon renouvelée depuis une dizaine de jours. La trame de ces terribles événements, vieux de plus de 20 ans, se déroule tranquillement mais inexorablement, nous entraînant, muets, vers une fin qui nous laisse comme assommés sur notre siège quand le générique de la fin apparaît à l'écran.

 

Assommée, je le fus réellement. Pendant la dernière minute du film, le silence dans la salle était tel que, si je n'avais pas été si occupée à me mordre le poing pour étouffer mes sanglots, les larmes me coulant silencieusement sur les joues, j'aurais pu entendre les battements de coeur (saccadés, sans aucun doute) de mes voisins immédiats. Le film terminé, et le nom des artisans défilant lentement devant nous, pas un, je dis bien pas un spectateur ne s'est levé de son siège. Il nous fallait le temps du générique, avec la musique qui l'accompagnait, pour nous remettre de cette fin massue.

 

J'évite d'en dire trop sur le film, pour ne rien vous gâcher quand vous le verrez, mais je ne peux pas m'empêcher de mentionner un passage qui m'a particulièrement marquée: celui où une voiture rouge remplie de terroristes (ou de résistants, dépendamment du point de vue) parcourt les rues de Beyrouth et ses environs, ses passagers tuant au passage tous les soldats israéliens qu'elle rencontre. Les forces israéliennes tentent en vain de la bombarder, ne réussissant à chaque fois qu'à tuer d'innocentes victimes qui avaient le malheur de se trouver à côté. Cette histoire illustre tellement bien ce qui se passe en ce moment à Gaza: Tsahal tente de tuer les terroristes du Hamas, mais tandis que ceux-ci lui échappent en se faufilant à travers la population, ce sont les femmes et les enfants qui se font tuer par les bombardements.

 

Le moins qu'on puisse dire est que je ne suis pas ressortie de cette expérience avec un optimisme renouvelé. Malgré tout, je crois que ma vision des choses s'en est trouvée éclairée, ne serait-ce qu'un peu, et qu'on s'intéresse ou non au conflit qui ravage cette partie du Moyen-Orient, on ne peut être indifférent à ce dont on est témoin dans cette oeuvre cinématographique. Attention quand même de ne pas le voir un jour où vous êtes déprimé...

 

 

Par Docteur Maman - Publié dans : Vu/lu/entendu et aimé (ou pas)
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Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 15:48

Ma cousine Danielle, qui habite l'Alsace depuis des années, raconte souvent sur son blog ses longues promenades familiales, en forêt ou sur des sites historiques (ou, comme tout est historique en France, les deux), photos à l'appui. Je l'avoue, j'ai parfois senti une petite trace de jalousie s'installer en moi en voyant ces belles images. Pourquoi n'y avait-t-il pas de beaux endroits comme ça, près de chez moi? Après deux ou trois claques auto-administrées derrière la tête, j'ai réalisé que je souffrais du syndrome de l'autochtone: quand on habite un endroit depuis longtemps, on n'a pas conscience de tout ce qu'il renferme comme attractions.

 

Il y a deux semaines, j'ai donc appelé un expert en randonnée pédestre, Z-man, qui m'a conseillé quelques sites pour débutants (autrement dit, gratuits et se trouvant sur l'île de Montréal). Nous avons d'abord vu le Parc Nature du Bois-de-Liesse, qui est à peine à 15 minutes de chez moi en voiture (honte à moi, je sais). Je vous en parlerai quand j'y retournerai avec un appareil photo...

 

Cette semaine nous sommes allés un peu plus loin (25 minutes), au Cap St-Jacques. J'avais lu qu'il y avait une petite ferme et je me disais bien que ça ferait plaisir aux enfants. Mais comme ils nous avaient fait le coup du "je peux plus marcher, je suis trop fatigué, c'est trop long" la dernière fois, j'avais aussi préparé une quête pour maintenir leur intérêt. Et ce fut tout à fait réussi! Nous devions trouver cinq feuilles provenant d'arbres différents, trois variétés de champignons, un nid d'oiseau, un écureuil, une fleur (qui fut très difficile à dénicher en cette fin octobre), une toile d'araignée, et tout plein d'autres trucs susceptibles de se retrouver en forêt. Ki-Wii prenait grand plaisir à cocher les items sur la liste à mesure qu'on les trouvait! Franchement, j'étais une maman pas mal fière d'elle-même pour une fois.

 

L'endroit est vraiment magnifique, et les couleurs de l'automne ne faisaient qu'amplifier cette beauté. La ferme compte une grande variété d'animaux, dont deux émeus très rigolos que je n'ai malheureusement pas réussi à immortaliser parce qu'ils étaient à l'intérieur, où il faisait trop noir même avec le flash.

 

Cinq minutes avant la fin, Ki-Wii y est quand même allé d'un "je suis trop fatigué pour marcher" mais heureusement, son épuisement s'est envolé d'un coup quand il a vu que les "vaches à cornes" s'étaient rapprochées de la clôture et qu'il s'est précipité pour aller admirer leur beau poil long.

 

Je vous laisse sur ces images qui valent mille mots. La première est une gracieuseté de Tiger Lili!

 

  

















Par Docteur Maman - Publié dans : Vu/lu/entendu et aimé (ou pas)
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Mardi 21 octobre 2008 2 21 /10 /Oct /2008 14:45

Depuis que j'ai instauré la nouvelle règle de manger le (petit) déjeuner dans la cuisine (je sais, je sais), mes enfants regardent beaucoup moins la télé le matin. Pratiquement plus, en fait. Ils mangent aussi beaucoup plus rapidement parce qu'après, s'il reste du temps, nous jouons à des jeux ensemble.

 

(n'est-ce pas que vous êtes fiers de la maman que je suis en train de devenir?)

 

Il y a eu la bataille navale (que les enfants appellent touché-coulé), le Yum, le Trésor du pirate Boom, Mille bornes, les Aventuriers du rail, puis une longue période de Cranium Cadoo. En ce moment, nous nous amusons avec Kilucru (également de Cranium).




J'adore ce jeu où on doit se creuser la tête pour deviner ce que l'adversaire préférera entre  les bains moussants, les anchois et les décapotables. Comme nous avons tous des goûts différents, la même carte peut valoir 4 points pour une personne, et un seul pour l'autre: si personnellement j'ai placé les huîtres bien avant les papillons, je peux vous dire tout de suite que ça n'aurait pas été le cas de mon mari (le désormais célèbre Patient Papa)...

 

Le jeu est classé 8 ans et plus, mais à 7 ans Ki-Wii sait tout à fait tirer son épingle du jeu, à condition qu'on lui explique quelques-uns des termes qu'il ne connaît pas. Et je peux vous assurer que le plaisir ne fait que grimper avec l'âge des participants.

 

D'une façon générale, les jeux Cranium sont une coche au-dessus des autres de par leur qualité de fabrication, leur graphisme joyeux et coloré et le grand intérêt qu'ils suscitent auprès des joueurs. Je vous les recommande tous, mais celui-ci est vraiment un de mes préférés. Si vous ne le connaissez pas encore, ajoutez-le vite à votre lettre au Père Noël!

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Dimanche 5 octobre 2008 7 05 /10 /Oct /2008 13:49

Quelle belle fin de semaine automnale nous avons eue. Les nuages ont menacé par moments mais le soleil a eu le meilleur des deux journées et pas une goutte de pluie n'est finalement tombée. Ki-Wii avait invité son meilleur ami, Mika, à la maison samedi, alors ce n'est qu'en fin d'après-midi que nous partis vers le Centre d'interprétation de la courge. J'avais promis à Lili Tiger que nous irions cueillir des citrouilles mais il fallait se dépêcher parce que l'endroit ferme à 17h00.

 

Comme Patient Papa a passé toute la fin de semaine à travailler (en accaparant l'ordinateur au grand dam de Ki-Wii), c'est une famille monoparentale qui s'est dirigée vers ce petit intermède campagnard.

 



J'ai bien cru que nous n'arriverions pas à temps, parce qu'un trajet de 20 minutes nous en a pris 45 à cause de travaux sur la 640. La sortie pour la 640 ouest était fermée et nous devions continuer puis rebrousser chemin en prenant la 15 sud, et nous n'étions pas les seuls à être pris dans cette situation... je n'y avais pas pensé, mais c'est aussi le temps des pommes en ce moment, et notre destination est entourée de vergers. Notre bonne étoile nous a finalement permis d'arriver 30 minutes avant la fermeture, pas assez tôt pour profiter de tout ce que le Centre a à offrir mais suffisamment pour se retrouver avec une belle récolte de courges.




Le Centre d'interprétation de la courge, c'est un endroit où on peut cueillir soi-même ses citrouilles et autres courges. Ils en ont des dizaines de variétés et leurs noms sont indiqués dans les champs. Les plus paresseux ou les trop pressés peuvent s'arrêter au kiosque, comme nous l'avons fait après avoir cueilli nos trois énormes citrouilles (je vous assure que la photo ne leur rend pas justice!). Sur place, il y a aussi des jeux pour les enfants, un café-bistro, une aire de pique-nique, un petit restaurant-boutique où on peut acheter de la bonne soupe ou des biscuits aux graines de citrouille, et un mini-musée qui présente quelques portraits de potirons et des courges joliment peinturées. On peut facilement y passer plusieurs heures à s'amuser avec les enfants.

 

Puisque des images valent mille mots:












Pour la modique somme de 23$, nous sommes repartis avec trois citrouilles, huit courges et plein de beaux souvenirs!

Il ne reste plus qu'à cuisiner cette belle collection, dites-vous? Pas si vite! C'est qu'elles ont déjà des noms, ces courges, et il n'est pas question de les manger! Je crois que je devrai les escamoter subrepticement, une à une, si je veux qu'elles aient une chance de rejoindre mon estomac avide...



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Jeudi 2 octobre 2008 4 02 /10 /Oct /2008 14:58

Dans mon quartier, il y a une forte concentration d'immigrants récents. Je ne connais pas les statistiques exactes mais, sans consulter la moindre colonne de chiffres, je peux vous affirmer avec assurance qu'à l'école fréquentée par mes enfants, la majorité des élèves est d'origine étrangère. Et je me souviens avoir lu dans le journal du quartier que plus de 50% d'entre eux sont nés à l'étranger. Leurs parents sont donc arrivés très récemment au Québec, et je sais que beaucoup d'entre eux n'ont toujours pas terminé le dur apprentissage d'un français de base leur permettant de se sentir vraiment à l'aise dans leur société d'accueil. Plusieurs de ces enfants ne parlent d'ailleurs ni français ni anglais quand ils arrivent à l'école. Papa et maman, avec leur désavantage linguistique, occupent souvent des emplois précaires et mal rémunérés. Certains étaient médecins ou ingénieurs dans leur pays d'origine, mais il est si difficile et si dispendieux de faire reconnaître leurs diplômes ici qu'il se retrouvent plus souvent à entreprendre une toute nouvelle carrière, comme chauffeur de taxi ou préposés à l'entretien ménager.

 

Vous l'aurez compris, cette situation fait de mon quartier un "milieu défavorisé". C'est en partie grâce à cet état de choses que nous avons la chance, à l'école des enfants, d'accueillir les ateliers cinq épices. Je peux me tromper, mais j'ai l'impression que nous recevons certaines subventions spécifiques à ce milieu "difficile" et qu'elles nous permettent de payer pour ce magnifique programme.

 

S'ils n'ont pas été créés particulièrement pour cette clientèle à forte proportion d'immigrants, le fait de fournir aux parents une occasion de sortir de leur isolement fait certainement partie de la mission des ateliers cinq épices. Leur objectif premier est de sensibiliser les enfants à l'importance d'une alimentation saine, mais cet objectif n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan des bienfaits que retirent les enfants de ces ateliers.

 

Chaque mois, la nutritionniste responsable de notre école reçoit les enfants dans le "local de cuisine" et leur présente un thème qui sera l'occasion d'apprendre toutes sortes de choses reliées à l'alimentation. L'année dernière, par exemple, les canneberges étaient à l'honneur pour un des ateliers, et ce fut l'occasion de parler de l'importance des antioxydants. Nous avons aussi appris (moi la première!) que pour cueillir les canneberges, les cultivateurs inondent leur champ: à cause des bulles d'air contenues dans le fruit, celui-ci flotte et on peut le récolter sans difficulté. Pour bien illustrer cette caractéristique, nous avons coupé une canneberge en deux et les petites bulles étaient bien là... au grand bonheur des enfants.

 

Après une discussion dirigée sur le thème, les enfants préparent une recette conçue spécialement par les nutritionnistes des cinq épices (comme, par exemple, de délicieux muffins aux canneberges!). Ils apprennent à manipuler les instruments et ustensiles de cuisine, à mesurer des ingrédients, pratiquent la lecture en déchiffrant la recette (pour les plus vieux), apprennent à travailler en équipe et à couper des aliments tout en épargnant leurs doigts. Les parents sont invités à participer, et ceux qui sont présents restent après l'atelier pour aider l'animatrice à faire la vaisselle et à ranger. C'est là une superbe occasion de faire connaissance avec les autres parents tout en buvant une tasse de café.

 

Ma fille en est à sa quatrième année à l'école, mon fils à sa troisième, et j'ai dû manquer seulement deux ateliers depuis le début - pour lesquels mon père m'a remplacée. Ce sont la plupart du temps les mêmes parents qui se retrouvent chaque mois aux ateliers, mais d'autres viennent y assister à l'occasion et j'ai pu ainsi faire la connaissance de plusieurs mamans (et d'un ou deux papas). Certaines se sentaient mal à l'aise au début, à cause de la barrière linguistique (même si la majorité des parents présents aux ateliers sont des francophones...), mais la formule est tellement conviviale qu'elle favorise les échanges.

 

Pour les parents, les ateliers sont aussi une excellente façon de connaître davantage le professeur de leur enfant. Pour les enfants, c'est aussi la fierté de montrer leur maman à tous les amis de la classe: regardez, ma maman à moi elle ne travaille pas, nananère!

Oui. Bon.

 

En quatre ans, j'ai appris beaucoup de choses sur la nutrition, j'ai accumulé des dizaines de recettes santé délicieuses, et j'ai développé des outils pour faire manger plus de fruits et légumes à mes enfants. C'est grâce aux ateliers qu'ils savent que nous devons manger au moins 5 portions de fruits et légumes par jour, et je ne manque pas de le leur rappeler à la fin de la journée s'ils ne font pas le compte! Ils ont aussi appris à aimer certains aliments qu'ils n'auraient jamais voulu manger si toute la classe n'y avait pas goûté en même temps qu'eux, même si de façon générale ils demeurent beaucoup plus difficiles que la majorité.

 

Une douzaine d'écoles seulement, à Montréal, reçoivent la visite des ateliers cinq épices. Nous avons donc énormément de chance, et ça méritait d'en parler.

 

J'ai tellement hâte au premier atelier!!

Par Docteur Maman - Publié dans : Vu/lu/entendu et aimé (ou pas)
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