Chez Maman, docteur en tout

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Montées de lait

Vendredi 13 février 2009

Alors là, je ne suis pas contente du tout. Je sais bien qu'on m'avait prévenue mais quand même, j'estime qu'un écart de 20 degrés celcius (vers le bas, évidemment, sinon je ne me plaindrais pas!) du jour au lendemain est inadmissible. Il y a vraiment des gens, au Comité Décisionnel, qui ont du gruau à la place du cerveau, ou du coeur (c'est selon). Oh, ils ont un excellent département marketing, qui croit nous faire passer la pilule en nous disant qu'on est dans la normale de saison, et bla-bla-bli, et bla-bla-bla. Ce n'en est pas moins jouer avec nos nerfs.

 

Puisque la normale de saison est de -13 la nuit, eh bien qu'on ne vienne pas nous emmerder tout d'un coup avec de la pluie (qui ne tombe pas sous zéro, au cas où ces décideurs l'auraient oublié, youhou) qui fait plein de flaques, lesquelles se transforment en autant de pièges à piétons quand la "température normale" revient le lendemain.

 

Non mais.

 

Quand même.

 

 

 

Oui, bon, je sais, ce n'est vraiment la faute de personne en fait, mais c'est tellement frustrant de se geler les doigts parce qu'on porte  les gants de cuirs avec lesquels on crevait la veille (sans parler des oreille qu'on a négligé de couvrir parce qu'hier les cheveux fondaient sous la tuque), pendant qu'on attend avec le sourire que notre gentil marmot prenne son rang avant de nous faire son traditionnel ba-bye par la fenêtre du deuxième.

 

Et puis ça m'a fait du bien de me fâcher même si c'était après personne.

 

Sinon, à part ça tout va bien, c'est vendredi, il fait soleil (au moins!) et demain... peut-être que Patient Papa m'offrira du chocolat?

(Non, je ne crois pas en fait. Je n'ai pas l'impression qu'il va y penser. Dommage parce que ça serait VRAIMENT BON du BON CHOCOLAT pas trop noir ou alors DE BELLES FLEURS pour faire penser à l'été. S'il y pensait. Ce serait bien)

 

;o)

 

 

Par Docteur Maman
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Lundi 26 janvier 2009

Voilà, c'est dit.

 

Il y avait longtemps que je ne m'étais pas assez emportée dans une dénonciation pour m'arroger le droit de classer un article dans mes "montées de lait". C'est pourquoi je profite du fait que nous sommes lundi, une journée difficile qui me met plus souvent qu'autrement les nerfs à fleur de peau, pour dénoncer cette aberration du calendrier nord-américain: la semaine qui commence le dimanche.

 

Non mais.

 

Franchement.

 

Tsé.

 

Et pourquoi elle commence le dimanche, d'abord? Parce que sachant que le travail reprend le lendemain, c'est ce jour-là qu'on se remet à se ronger les ongles après les avoir laissé tranquilles vendredi soir et samedi?

 

Si j'étais catholique pratiquante, déjà, ça me mettrait hors de moi qu'on blasphème ainsi en appelant premier jour celui qui est en fait le septième, celui où le célèbre Créateur s'est reposé¹. Bien sûr, comme je suis plutôt juive-convertie-pour-avoir-la-citoyenneté-israélienne-parce-que-j'étais-amoureuse-d'un-Israélien, on pourrait me l'envoyer à la figure en me rappelant que dimanche se dit "premier jour" en hébreu (samedi, en ce cas-ci, étant vraiment le septième jour et aussi celui où tout est fermé en Israël parce que eux, on pourra leur reprocher bien des choses mais pas celle de ne pas être conséquents dans l'appellation des jours de la semaine) mais puisque je ne pratique pas plus cette religion que l'autre et que de plus, étant à Rome je me plie à ce que font les Romains majoritaires, l'argument ne tient pas. (Vous m'avez suivie sur celle-ci? Moi-même j'ai vaguement failli me perdre)

 

Bref, ça me met en feu. Dans Outlook, quand j'entre une activité de fin de semaine, elle se retrouve toujours coupée en deux, l'une au bout à gauche et l'autre complètement à droite. Des plans pour que je me trompe et que je parte un jour trop tard où que je revienne un jour trop tôt. D'ailleurs, je suis sûre que c'est une conspiration des gens lucides contre les lunatiques comme moi.

 

Mais je ne me laisse pas faire. Ô que non. J'ai acheté un calendrier effaçable chez Dollarama, et la semaine commence le lundi. Et je n'utilise plus Outlook parce que de toute façon ça plantait tout le temps. Je ne plierai JAMAIS devant cette farce indigne dont on ne pourra certainement pas dire que je suis le dindon. Non monsieur.

 

J'ai des principes, moi.

 

(Ah oui, ça me fait penser que je n'ai toujours pas annulé mon abonnement au Journal, moi)

 

 


1. Suite au commentaire de Patient Papa (que je vous conseille fort de lire, si ce n'est déjà fait), je tiens à réitérer que dimanche est bien, pour les chrétiens, le septième jour. Sinon, il ne serait pas chômé. Ou alors il y a encore plus d'aberrations que je ne le croyais dans notre système de calcul du temps, mais loin de moi l'idée de me lancer là-dedans. Pour ce qui est de la bible, j'avoue ne pas l'avoir lue en français mais bien en hébreu, donc dans sa version originale (non, ce ne fut pas par plaisir et oui, je vous conterai ça une bonne fois si vous êtes sages). On y parle du premier jour, du deuxième et ainsi de suite jusqu'au septième qui est celui ou le créateur se serait reposé (sauf si on se fie à la version de Patient Papa, qui a le mérite d'être elle-même très créative). Autrement dit, les jours n'ont pas encore de noms dans la bible.
Je n'ai aucune idée du moment dans l'histoire où le septième jour est passé du samedi au dimanche. Je l'ai déjà su, mais j'ai oublié. Parce que j'ai la tête pleine de trous. Mais ça ne m'empêche pas d'avoir une opinion. Non mais. Franchement. Tsé.

Par Docteur Maman
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Mardi 18 novembre 2008

Comme c'est le cas plusieurs jours par semaine (parce que je n'aime pas les grosses emplettes, et parce que j'oublie toujours quelque chose, en premier lieu ma liste), je me suis rendue ce matin à l'épicerie.

 

Hier, Patient Papa y était allé de la phrase qui tue:

 

- Chérie, je n'ai plus de gel à raser!

 

J'ai donc dû me taper ce moment d'angoisse, qui se reproduit inlassablement toutes les quelques semaines (les bouteilles de gel à raser ayant ceci de particulier qu'elles finissent toujours par être vides) devant l'étalage des produits de rasage pour homme. Non mais sérieusement: est-ce qu'il y en a parmi vous qui n'ont pas de problème devant un tel choix?

 

Quand c'est pour moi, c'est facile. Je laisse de côté les hérésies comme "brise marine" ou "douceur printanière" (a-t-on vraiment envie de sentir l'oursin et l'algue en décomposition ou le fumier qui refait surface quand la neige fond?) et je prends celui à odeur de framboise ou de fruits des champs, pour aller avec mon déodorant. J'aimerais bien que ce soit comme ça pour la version masculine: je choisirais "musc viril" ou "mâle musclé" ou "odeur de muscles", quelque chose qui représente bien Patient Papa quoi. Mais là, ils exagèrent vraiment.

 

Vais-je opter pour le bouchon bleu, "super hydratant avec aloès"? Pour le bouchon vert, "peau sensible, avec beurre de karité et vitamine E"? Ou encore le bouchon rouge, "nettoyage en profondeur, avec extrait de ginko biloba"? À moins que mon homme ne préfère le bouchon orange, "peau sèche, avec racine de margousier"? Et d'abord, quelqu'un peut m'expliquer la différence entre un produit hydratant et un produit pour la peau sèche? Et si elle n'est ni sèche, ni sensible, ni sale, sa peau, qu'est-ce que je suis sensée faire?

 

Je finis toujours par choisir une couleur au hasard, mais ça m'énerve de voir à quel point on se paie notre tête chez les fabricants de produits "d'hygiène masculine". D'après moi, c'est une conspiration des hommes pour nous donner plus de travail (parce qu'il est évident qu'ils savent bien que le gel à raser, c'est nous qui l'achetons pour eux...).

 

Pour protester, aujourd'hui je me suis rabattue sur la marque maison parce qu'il n'y avait que deux choix: aloès, ou aloès et vitamine E. J'ai pris le premier, pour limiter l'apport extérieur d'adoucissants pour la peau. Parce que, je ne sais pas pour le vôtre, mais mon chéri à moi n'a besoin de rien de plus que ce que la nature lui a donné pour être tout doux, tout doux...

 

 

Par Docteur Maman
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Mardi 4 novembre 2008

Difficile de passer à côté, du moins quand on habite à moins d'un plein d'essence de leur frontière: c'est aujourd'hui jour d'élections aux États-Unis.

 

Traditionnellement ces dernières années, c'était pour moi l'occasion d'écouter un bon film en soirée, de regarder le journal le lendemain et d'être dégoûtée que les Américains aient élu George W. Mais cette fois, il se passe une chose dont on ignore encore si elle sera formidable ou catastrophique... ma soirée, je la passerai donc assise sur le bout de mon divan, à suivre avec angoisse les résultats de l'élection présidentielle au fur et à mesure qu'ils seront disponibles.

 

J'angoisse parce que Miss Alaska, connue pour ses paroles célèbres comme "Drill Baby Drill" et "passe-moi le fusil de chasse, chéri, je vois un russe par la fenêtre" pourrait devenir présidente (heureusement, il faudrait pour ça qu'un homme de 72 ans à la santé défaillante passe dans l'au-delà... ouf, ça ne risque pas d'arriver!). J'angoisse aussi parce que je n'ose pas imaginer ce qui arriverait dans les rues si Obama, avec tout le soutien populaire dont il jouit, n'était pas élu.

 

On parle quand même du pays qui a acquitté, en 1992, 4 policiers blancs qui avaient été filmés en train de battre tout à fait gratuitement un noir, Rodney King. Je ne crois pas que mon angoisse soit totalement injustifiée: beaucoup de gens seront à jamais incapables de voter pour un noir.

 

Le racisme est la forme de violence qui me fait le plus peur, parce qu'elle n'a aucune base raisonnable. Il est donc pratiquement impossible de la combattre. Les blancs qui haïssent les noirs, les chrétiens qui haïssent les musulmans le font sans le moindre fondement logique, alors comment espérer les ramener à la raison? L'an dernier ma fille nous a raconté tout à fait innocemment que XX (une amie de sa classe) n'aimait pas les noirs. La raison: son père ne les aime pas. Il dit qu'ils sont méchants. Mon mari, Patient Papa, qui a longtemps travaillé en Afrique noire, était presque noir de rage lui-même en entendant ça.

 

Nous habitons, je le rappelle, un quartier multi-ethnique. Des noirs, il y en a des dizaines à l'école et je peux vous assurer qu'ils ne sont pas plus méchants que les blancs...

 

Dieu merci, mes enfants n'ont pas d'opinion préconçue quant à la couleur de peau ou les origines de leurs amis. Ki-Wii n'a même pas encore acquis, je pense, le concept de races. Parfois quand je lui demande de décrire quelqu'un, il me donne comme indication "il a la peau marron". Mais beaucoup d'enfants subissent encore aujourd'hui l'influence de leurs parents bornés occupés à construire la prochaine génération de racistes. Pas juste aux États-Unis, mais juste à côté de chez moi...

 

Alors j'angoisse.

 

 

Par Docteur Maman
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Lundi 20 octobre 2008

Décidément, la communauté médiatique semble s'être donné le mot cette semaine pour essayer de me faire avaler mon café de travers. À moins que ce ne soit pour me le faire renverser sur mes vêtements propres, auquel cas je tiens quand même à souligner la futilité de l'exercice: je suis parfaitement capable d'y veiller moi-même, comme en témoigne la séduisante tache toute neuve que j'arbore ce matin sur mon pyjama.

 

Déjà que nous sommes lundi, journée difficile par définition pour une Docteur Maman. Les enfants voudraient prolonger la fin de semaine, Ki-Wii se lève systématiquement du pied droit (il est gaucher) et je dois faire appel à toute la bonne humeur que je garde en réserve pour ces situations particulières si je veux que nous ayons collectivement des chances d'éviter une dépression généralisée. Je n'ai donc nullement besoin d'entendre des inepties à la radio pour commencer ma journée de travers. Et pourquoi j'écoute la radio, aussi?

 

Aujourd'hui, c'est l'avocat, écrivain et politicologue Christian Dufour qui a réussi à me faire dresser les cheveux sur la tête (il faut dire qu'une nuit d'un sommeil agité avait déjà été mise à contribution de ce côté-là). Son dernier ouvrage, "Les Québécois et l'anglais: la tentation de l'abdication", a été inspiré, du moins en partie, par la déclaration désormais célèbre de Pauline Marois (cheffe du Parti Québécois) à l'effet que tous les Québécois devraient être bilingues. Quelle ineptie, n'est-ce pas? Être bilingue, voyons donc! Et pourquoi pas apprendre à conduire, s'initier à l'informatique ou prendre des cours de secourisme, pendant qu'on y est? N'est-ce pas que vous aviez été profondément indignés par cette proposition de Mme Marois?

 

Eh bien, Christian Dufour aussi. Car enfin, où ira-t-on si tous les Québécois sont bilingues? Les cotes d'écoute des radios et télévisions francophones vont baisser; on ne pourra plus financer la production de séries québécoises en français puisque nous serons capables de regarder les séries américaine dans leur version originale; et puis si tout le monde sait parler anglais, quelle motivation auront les immigrants à apprendre le français?

 

Vous croyez que j'exagère? Eh bien ce sont pourtant, presque mot pour mot, les paroles de M. Dufour, telles qu'entendues à C'est bien meilleur le matin tout à l'heure. Est-ce que c'est moi, ou on nage en plein délire? Je ne suis pas bilingue, mais trilingue et demi. Pourtant j'écoute la radio en français plusieurs heures par jour, je lis le Journal de Montréal tous les matins, je regarde le hockey en français (ben quoi, ça aussi c'est de la télé!)... et je ne me gêne pas pour répondre en français aux anglophones qui me servent en anglais au centre-ville ou dans le West Island. J'ai voyagé, j'ai découvert un monde plein de délicieuses différences, et grâce à ma connaissance de l'anglais je peux communiquer avec les parents de Neha la petite amie de ma fille Lili Tiger, qui sont d'origine indienne. Ils ne réussiront peut-être jamais à parler le français adéquatement, mais leur fille le maîtrise déjà parfaitement parce que l'école se fait en français (les parents doivent avoir fréquenté l'école anglaise au Canada pendant un certain temps pour avoir le droit d'y envoyer leurs enfants). Ses enfants iront à l'école française eux aussi, et ainsi de suite...

 

J'ai une vague impression de déjà-dit, mais je crois qu'une nation qui doit empêcher ses membres de s'ouvrir sur le monde pour assurer sa survie ne mérite pas d'exister puisqu'elle est condamnée à disparaître à court ou moyen terme. Être bilingue, ou trilingue, ou pourquoi pas polyglotte, c'est se donner la possibilité de voyager, de faire des rencontres, de découvrir d'autres cultures. Ça ne veut en aucun cas dire qu'on doive renoncer à la sienne. Ce ne sont pas les Québécois qui devraient être bilingues, ce sont tous les habitants de la terre. Dont nous faisons partie comme tout le monde.

 

Je n'ai pas lu le livre de M. Dufour, mais je vous encourage à ne pas l'acheter. Ou du moins, attendez qu'il soit traduit. Comme ça vous pourrez au moins vous en servir pour pratiquer votre anglais...

 

 

Par Docteur Maman
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