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Fromages du québec

Mercredi 15 octobre 2008

En cette journée d'élections au pays qui est le mien par défaut, j'aurais pu vous parler des raisons qui m'ont fait hésiter dans l'isoloir ce matin, ou vous dire pourquoi Stéphane Dion est quelqu'un que j'aimerais beaucoup avoir comme premier ministre, malgré le fait que le parti libéral me donne de l'urticaire. Mais je suis en retard dans mes chroniques fromagères, et j'ai tellement peur du résultat du scrutin que j'aime mieux ne pas y penser jusqu'à la dernière minute...

 

Comme je suis vraiment à la traîne, je vous rapporte deux dégustations cette semaine (la deuxième étant une gracieuseté de mon papa, hier pendant le repêchage de notre pool de hockey).

 

Premièrement donc, le Blackburn, de chez Blackburn:



Ayant entendu dire que cette fromagerie du Saguenay-Lac-St-Jean (désolée Béo!) avait été touchée par le rappel et avait perdu beaucoup d'argent et de crédibilité, je n'ai pas pu résister à l'encourager. Et là, j'avoue que j'ai eu de gros problèmes: j'ai failli manger les 300g que j'avais achetés, en une seule fois...

 

Si vous aimez (comme moi!) les cheddars légèrement vieillis, le Blackburn vous plaira. Il ne goûte pas le cheddar, mais le rappelle par sa texture (le genre qui se défait un peu quand on essaie de le trancher) et sa saveur prononcée. Il faut absolument y goûter accompagné de raisins verts "thompson" (ceux avec la forme allongée). Un pur délice.

 

Quand au Bleubry...

 

C'est majoritairement à cause de lui si, hier, épuisée que j'étais de ma journée, j'ai passé encore une heure à danser devant ma Wii pour éviter de dire adieu à ma taille de jeune fille si récemment retrouvée. Comme je n'étais pas chez moi quand j'y ai goûté (et qu'il n'est pas sur le site "fromages d'ici), je ne vous mets pas de photo, mais aller voir ici et regardez dans les bleus, vous en aurez l'eau à la bouche.

 

J'avais entendu parler du Bleubry, un fromage de la Maison Alexis de Portneuf dont on aura compris qu'il s'agit d'un brie légèrement persillé de bleu. Grande amatrice de Cambozola, je m'attendais à quelque chose de semblable, et c'est exactement ce que mes papilles gustatives en liesse ont constaté (je n'achèterai plus jamais de Cambozola! Tant qu'à payer 40$ le kilo pour un fromage, j'aime autant investir dans l'économie locale). C'est donc une pâte molle, crémeuse, avec une petite touche de bleu parfaite pour les "débutants". Juste assez salé, je l'ai dégusté avec les doigts, sans pain, mais je l'imagine avec concupiscence étalé sur un biscotti aux pistaches. Menoum.

 

Enfin, comme le disait si bien Confucius: 美饗盡收!

 

Par Docteur Maman
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Samedi 4 octobre 2008

N'en déplaise à mes lectrices outremer qui se plaignent de voir décrire des produits délicieux auxquels elles n'ont pas accès (je n'ai pas accès au château du Haut Koenigsbourg, moi, et alors, est-ce que je me plains?), voici venu le temps de parler avec enthousiasme d'un autre fromage québécois. Comme je suis malgré tout bonne joueuse, je vous fournis tout de même cette fois-ci une alternative européenne. Vous ne pourrez pas dire que je n'ai pas vos intérêts à coeur!

 

Cette semaine, j'ai encore une fois réussi à trouver un fromage à l'emballage aguicheur qui m'a tout de suite attiré l'oeil. Coïncidence heureuse, c'est aussi un produit bio. Et c'est un vrai produit du terroir québécois, c'est sûr: c'est écrit dessus!

 




 

Il s'agit d'un fromage à pâte demi-ferme à la croûte orangée, ce qui donne envie de le manger par le milieu. Selon Les fromages d'ici, il aurait une odeur douce un peu fermière et une saveur délicate de beurre et de crème; pour l'inculte que je suis, ces qualificatifs s'appliqueraient plutôt à la saveur d'un brie double-crème oublié juste assez longtemps sur le comptoir, et je vous confirme que le Baluchon ne ressemble en rien à un brie. Son odeur et son goût peu subtils me rappellent plutôt certains fromages suisses (attention européens, voici votre alternative!), tels le Vacherin que j'ai justement goûté hier à l'épicerie (il s'agit en fait d'une appellation, partagée avec la France, et non du nom d'un fromage spécifique, et on dit aussi de lui qu'il a un goût doux et crémeux, tiens tiens).

 

Pour en revenir aux Suisses, quel culot tout de même! L'industrie fromagère québécoise nage en plein cauchemar et ces méchants nous offrent une dégustation de leurs produits! Enfin, ça vous permettra tout de même de vous rabattre sur le Vacherin si le Baluchon n'est pas disponible par chez vous. J'avoue que si je n'étais pas aussi farouchement déterminée à n'acheter que des fromages québécois pour les encourager, je me serais bien laissée tenter par le Maréchal, un vrai délice tout en douceur rappelant un cheddar légèrement vieilli. Mais loin de moi l'idée d'en faire la promotion ici!!!

 

Pour ce qui est du Québécois, il sera très certainement délicieux en fondue au fromage, et j'ai bien envie de l'essayer en raclette la prochaine fois que l'envie me prendra d'en faire une. Pour l'instant, après l'avoir goûté tout cru évidemment, j'en ai mis quelques bouts dans mon potage au chou-fleur et c'était sublime.

 

Il ne me reste plus qu'à vous quitter sur ces paroles célèbres de David Ben Gurion: B'te-avon!

 

Par Docteur Maman
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Lundi 29 septembre 2008



 

Cette semaine pour le rayon dégustation, je vous ai déniché un fromage fermier au lait cru avec encore un chouette nom: La dame de coeur. C'est la tout aussi bien nommée Fromagère Mistouk, au Saguenay-Lac-St-Jean, qui nous offre ce produit qui, vous l'aurez deviné si vous commencez à me connaître, est délicieux.

 

Je dis "déniché" mais en fait, comme à mon habitude, j'ai tout simplement fait le tour du rayon des fromages de mon IGA de quartier, et j'ai choisi celui qui avait l'emballage le plus séduisant. C'était difficile, parce que les fromagers, tout comme les écureuils, ont compris l'importance de l'apparence extérieure dans la mise en marché d'un produit. J'ai hésité devant quelques fromages de chèvre qui me regardaient d'un air concupiscent, mais celui qui me tentait le plus était français alors j'ai bravement réussi à détourner le regard avant que son charme n'ait raison de mon coeur fragile. Et en fait de coeur, c'est finalement la dame qui a eu le mien.

 

Ce petit fromage tout simple, tout léger est lui aussi une pâte ferme, lui aussi troué mais avec une infinie subtilité. Si vous êtes comme moi, vous le mangerez avec sa croûte et si vous avez l'humeur espiègle, je vous suggère de l'essayer coupé en petits cubes et monté sur des mini brochettes en alternance avec de l'ananas frais, des fraises ou des raisins rouges. Menoum.

 

Pour une description à peine plus sérieuse (hum!) que la mienne, voici un petit site consacré aux fromages d'ici, une initiative de la Fédération des producteurs de lait du Québec. C'est de l'auto-promotion, mais elle est bien faite et les infos sont très complètes.

 

Comme il se fait tard par chez moi, je vous quitte sur ces paroles célèbres d'Abraham Lincoln:

 

Bon Appetit!

 

Par Docteur Maman
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Mardi 23 septembre 2008

Je vous l'avais promis pour hier, mais over-blog m'a fait des misères pas possibles dans la soirée et du coup, je me suis couchée trois heures plus tard que prévu, sans avoir pu publier l'article que j'avais pourtant récrit deux fois (avant d'apprendre ma leçon et d'utiliser Word...). Il paraît qu'un serveur a eu une panne de 00h10 à 7h30. C'est juste que pour moi, avec le décalage horaire, c'est tombé de 18h10 à 1h30, pile à ce moment tranquille de la soirée où je m'installe pour écrire...

 

Pour mes débuts en tant que critique fromagère, j’ai choisi un spécimen inoffensif qui devrait plaire même aux hérétiques n’aimant pas le fromage-qui-pue (mon mari, par exemple). Il s’agit d’un fromage à pâte ferme, affiné en surface (c’est écrit dessus, mais ne me demandez pas d'expliquer ce que ça veut dire!) et dont le taux de matières grasse ne fait pas dresser les cheveux sur la tête (un critère qui, je l’avoue, a influencé mon choix en cette première semaine de maintien-de-ma-taille-de-jeune-fille).

 




 

Au goût, il est… délicieux… et c’est ici que mes indubitables lacunes en matière de finesse gastronomique se font douloureusement sentir.

  

Disons… qu’il ressemble à l’emmental, mais en plus subtil. Sa chair ferme se fait légère sous la caresse du couteau, et ses quelques trous lui confèrent un charme champêtre (du vrai fromage, avec des trous! s’écrieront vos enfants). En fait il se mange tellement tout seul qu'il a fallu que je courre vite le ranger après l'avoir goûté, sinon tout l'emballage y passait. Personnellement, je l'ai dégusté accompagné d'un verre d'eau bien froid, mais je sens qu'il serait parfait avec un Beaujolais nouveau. Découpez-le en fines tranches que vous dégusterez lentement (si vous en êtes capable!) en écoutant le dernier épisode des Beautés Désespérées, et vous m'en donnerez des nouvelles...

 

Quand à mes amis qui se trouvent du côté droit de l'océan... je ne peux que vous souhaiter que la Fromagerie Bergeron prospère suffisamment pour exporter ses délices jusqu'à vous.

  

Je vous laisse sur ces paroles célèbres du Général de Gaulle:

 

Bon appétit!

 

 

Par Docteur Maman
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Lundi 22 septembre 2008

Je ne sais pas si les échos de cette crise se sont rendus jusqu'en Europe, mais nous vivons au Québec une attaque en règle de la sournoise bactérie listeria. Cette méchante se promène de fromage en fromage, esquivant habilement les monsieurs du MAPAQ qui la pourchassent, et sème la terreur dans la population. Jusqu'ici, 28 québécois ont développé la listériose, dont un qui en est mort.

 

Personnellement, j'avoue me promener dans cette tempête en toute insouciance et ne pas faire plus attention qu'il faut en achetant mes fromages. Je ne fais pas partie d'un groupe à risque, alors je me dis que même si par la plus grande des malchances je tombais sur un fromage contaminé, je n'en mourrais pas. Cependant, je lis et j'entends presque tous les jours des reportages sur les petits producteurs de fromage qui risquent la faillite parce que non seulement plusieurs de leurs produits ont été détruits par mesure préventive, mais les consommateurs, consciemment ou non, sont emportés par le vent de psychose qui souffle en ce moment et boudent les fromages québécois.

 

Or nous avons la chance, depuis quelques années au Québec, d'avoir accès à une multitude de fromages délicieux fabriqués ici. J'adore le fromage, en particulier celui d'ici, et je ne veux pas du tout que tous ces petits délices auxquels je me suis habituée me soient retirés parce que leurs fabricants font faillite. Dit comme ça, je me sens  un peu égoïste mais je vous assure que je pense aussi aux producteurs de fromage qui en quelques années ont transformé le paysage québécois. Avant, un fromage devait être français pour être accepté des connaisseurs. Plus maintenant. Ceux qui ont changé ça sont mes petits héros à moi, et je voudrais pouvoir les aider.

 

(Au moment même où j'écris ces lignes, et c'est une coïncidence totale, Daniel Pinard parle exactement de la même chose à Tout le monde en parle, et il est encore plus émotif que moi. Je sens aussi qu'il a un public légèrement plus grand que le mien... mais ça ne veut pas dire que je ne puisse pas faire ma petite minuscule part!!!)

 

Alors voilà, j'ai décidé de goûter chaque semaine un fromage québécois différent et de vous dire à quel point il est bon (ben oui, parce que moi n'est-ce pas, je l'ai dit déjà, j'aime tout ce qui se mange). Pour ce faire, je mets en péril ma taille de jeune fille si nouvellement retrouvée, alors j'aimerais quand même souligner la bravoure dans le geste, s'il vous plaît!

 

Même si certains fromages, comme ceux au lait cru, sont plus touchés par les événements des dernières semaines, il s'agit ici d'un geste symbolique motivé par mon amour des fromages québécois en général alors j'ai bien l'intention de toucher à tout. Demain, je vous parlerai donc du fromage Le fin Renard, de la fromagerie Bergeron. Je vous dirai qu'il est délicieux, c'est sûr: j'y ai déjà goûté!

 

Par Docteur Maman
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