Puisque vous êtes tous super gentils de ne pas m’avoir abandonnée pendant ces mois de très faible
assiduité, je vous offre aujourd’hui deux billets pour le prix d’un, dont le deuxième que voici n’est pas le moindre puisqu’il a le potentiel de vous régaler. Voici donc en grande
primeur :
5) Faire fondre une cuillerée à soupe de beurre (10-20 secondes au four à micro-ondes dans un
petit verre), puis l’ajouter
6) Ajouter une pincée de sel
7) Aller chercher Papa pour qu’il ajoute une tasse de farine (ce qu’il fera alors que le
mélangeur est en marche, en faisant attention aux dégâts)
8) Papa fait cuire les crêpes dans une poêle anti-adhésive.
Pour un résultat optimal, mettre une crêpe dans une assiette, ajouter du sirop d’érable et rouler la
crêpe avec une fourchette. Papa peut la couper pour vous si c’est trop difficile…
Ne le dites surtout pas à Patient Papa, mais depuis quelque temps je fantasme sur un autre.
Il est grand, fort et ses vêtements de légionnaire romain ne font qu’ajouter à son air mystérieux et irrésistible. Dès le
deuxième ou le troisième épisode de Rome, j’ai craqué pour lui et depuis, la flamme qui me consume ne fait que grandir.
Ah, si cet homme existait vraiment… je vous assure que mon couple serait sérieusement en danger!
Mais Titus Pullo n’est hélas! (ou heureusement) qu’une figure fictive et bien que je n’aie pas, je vous rassure tout de suite,
reporté mon désir brûlant sur son interprète, je n’en suis pas moins devenue une, disons, oui, une admiratrice. Voilà.
Ceci explique pourquoi j’ai vu The Punisher – War Zone avec Patient Papa la semaine dernière. RayStevenson, ce bel Irlandais interprète de Titus Pullo, tient le
rôle-titre, alors nous n’allions pas nous priver!
(Patient Papa partage avec moi cette affection pour l’interprète de Titus Pullo, mais je ne crois pas que ce soit pour les mêmes
raisons…)
Alors, The Punisher? Beaucoup mieux que ce à quoi je m’attendais après avoir vu seulement des extraits du premier.Stevenson est parfait évidemment (je suis amoureuse du
Punisher, c’est fait). J’ai aussi découvert une quantité phénoménale de méthodes, qui m’étaient inconnues, pour une seule personne d’en tuer une cinquantaine en 7 minutes. L’achat de faux-sang a
dû bouffer la moitié du budget du film, mais les acteurs sont corrects et la trame est du plus acceptable.
En résumé : si vous aimez les films de super (anti) héros avec beaucoup de sang et que vous partagez
notre enthousiasme pour RayStevenson, vous ne
serez pas déçus.
Je vous tiens au courant dès que le beau Ray apparaît dans un nouveau film!
Quand j’ai rencontré David j’avais 21 ans, il en avait 17 et c’était déjà une des personnes les plus
formidablement extraordinaires que j’aie connues. Près de vingt ans et des centaines de rencontres plus tard… c’est encore tellement vrai.
Il est entré dans ma vie alors que je faisais les vendanges dans un petit vignoble du Beaujolais. À la fin de ce contrat, pour
des raisons que j’expliquerai peut-être un jour mais pas aujourd’hui, je décidai de ne pas poursuivre mon aventure viticole. David, avec qui je m’étais liée d’amitié comme avec les autres
cueilleurs, me dit avec ce sourire qui ensoleillait tout ce qu’il touchait :
« Je vais à Grenoble voir ma petite amie, tu viens avec moi? Ça me fera de la compagnie pour le trajet en train. Je viens de
recevoir plein de fric, je te paie le billet. Sinon de toute façon je m’achèterai de la drogue ou n’importe quoi. »
Qui étais-je pour refuser à un beau et brillant jeune homme une occasion de se libérer de l’enfer de la drogue?
Le voyage en train fut des plus agréables, agrémenté d’une des bouteilles de Beaujolais ‘89 dont nous avait fait cadeau le patron
avant notre départ. La meilleure bouteille de vin que j’aie goûtée de toute ma vie évidemment.
Une fois à Grenoble, David alla visiter sa copine que, pour la surprise, il n’avait pas prévenue de son arrivée. Il revint à
notre chambre d’hôtel très rapidement : la belle lui avait signifié la fin de leur idylle.
Qu’à cela ne tienne ; durant les deux mois suivants, j’allais lui enseigner les choses de la vie. Il fut un élève
exemplaire…
Je passai ces deux mois chez lui, en Haute-Savoie : le Grand-Bornand, un de ces petits villages paisibles des Alpes dont la
population décuple durant la saison de ski. Des paysages à couper le souffle. Avec David, je suis montée à 2000 mètres d’altitude et j’ai vu le soleil se coucher au-dessus des nuages. Chaque
moment passé avec lui était intense, plein de vie et irrésistiblement excitant. Il me parlait de sa vie l’hiver, de sa passion pour le snowboard (que nous appelons ici planche à neige vu que nous
sommes francophones), il me faisait visiter des grottes et me racontait plein d’anecdotes sur l’histoire de sa région.
Et puis les mêmes raisons dont je ne parlerai toujours pas me firent reprendre la route, les larmes aux cils, une chaleur énorme
au cœur, et je posai les yeux et les lèvres sur David pour la dernière fois de ma vie avant de me lancer dans une autre aventure.
Plus tard, je l’appelai de Grèce parce que j’avais dépensé ma dernière drachme.
« Justement, je viens de recevoir de l'argent pour un petit contrat que j’ai fait! Je t’envoie
ça! »
Et plus tard encore, en Israël, je me séparai le cœur serré du blouson de cuir qu’il m’avait donné à mon départ en me disant
« si tu as besoin d’argent, vends-le! ».
David avait 17 ans et travaillait l’été (et l’hiver, dès qu’il avait un temps libre) pour payer sa planche à neige et son
abonnement aux stations de ski. Et quand un ami avait besoin de quelque chose, il donnait tout ce qu’il avait. C’était plus que de la générosité ou de l’abnégation. Il vivait sa vie à fond, et du
moment que ses besoins primaires étaient comblés, le plus important pour lui était que ceux qu’il aimait ne manquent de rien. Enfin, c’est comme ça que je le perçois maintenant. À l’époque, le
désir que j’éprouvais pour lui était trop intense pour que perde mon temps à autre chose que son assouvissement…
Une fois séparés, nous avons correspondu longtemps. Il m’envoyait des poèmes, des bandes dessinées de son cru ou des
enregistrements de musique. La dernière fois où je lui ai parlé, il avait une nouvelle copine dont j’oublie le nom (il me semble que c’était un nom de fleur) et il pensait peut-être venir me
visiter avec elle en Israël. C’était il y a plus de 10 ans et nous avons fini par nous perdre de vue. Mais on n'oublie pas quelqu’un comme ça si facilement et depuis plusieurs années, je
regardais régulièrement sur Google pour essayer d’avoir de ses nouvelles. Je n’ai jamais trouvé ses coordonnées, mais je voyais son nom, de temps en temps, sur un entrefilet décrivant une
compétition de sport extrême ou de cross-country. Et puis il y a quelques semaines :
Dramatique accident de speed riding mardi à la Clusaz. David Deloche, âgé de 35 ans, domicilié au Grand-Bornand, a trouvé
la mort après avoir fait une chute d'au moins 250 mètres. Skis aux pieds et voile au-dessus de sa tête, l'homme avait décollé vers midi depuis le vertigineux couloir des Croix, au-dessus de
l'Aiguille des Calvaires, à 2300 mètres d'altitude. Il avait pris son envol face au massif des Confins.
Il y a longtemps que je voulais vous parler de lui. J’aurais aimé le faire avant, pour qu’il ait une chance, aussi mince
fut-elle, de tomber sur mon article et de voir à quel point son séjour dans ma vie a été marquant. Maintenant il est un peu tard, mais il me semblait que quelqu’un d’aussi formidable méritait de
voir son nom immortalisé, même sur un petit blog perdu et pas trop (quoique très bien) fréquenté.
Merci pour tout, David. Tu me manques tellement, tellement plus, maintenant que je te sais parti pour toujours.
Il fallait bien que je vous raconte ma fête des mères. Rien que du classique, mais ça se raconte bien.
Dimanche de la fête des mères (celle du Québec, donc le 10 mai), 5h45. DocteurMamann’est plus très à l’aise dans son sommeil depuis 5h30
pour cause de vessie extra-rebondie, mais elle n’ose pas aller remédier à la situation parce qu’elle sait bien qu’alors les enfants se réveilleraient (c’est leur heure…). Puis elle entend de tout
petits pas qui font beaucoup de bruit en descendant l’escalier, fois deux. Patient Papa, qui ne se lève jamais avant 9-10h la fin de semaine pourtant, descend voir les enfants.
DocteurMamanentend vaguement
une conversation que la distance étouffe avant qu’elle ne parvienne à ses oreilles. Puis Patient Papa revient.
DocteurMaman, ouvrant un œil
- Encore éveillés tôt aujourd’hui…
Patient Papa
- Oui. Lili Tiger insistait, mais j’ai réussi à les convaincre que c’était trop tôt pour un déjeuner au lit.
***
Finalement je suis allée faire pipi subrepticement et me suis recouchée en douce. Bien sûr, je n’ai pas réussi à me rendormir;
mon corps a été conçu avec une anomalie critique au niveau du retour à l’état de dodo passé 5h30 quand mes yeux sont restés ouverts trop longtemps (en l’occurrence, le temps qu’il faut pour aller
aux toilettes, tirer la chasse d’eau et remonter péniblement à l’étage). Mais j’ai lu au lit, toute tranquille, et c’était bien.
Et puis autour de 8h00, j’ai eu droit à un délicieux déjeuner au lit. La grasse matinée quoi!